Le Bénin en bref

Un petit pays au territoire très contrasté

      Petit pays situé entre le Togo et le Nigéria, le Bénin a une ouverture maritime sur le golfe de Guinée et fait 700 km Nord-Sud pour 120 km Est-ouest près de la côte. Le pays s’élargit au Nord (300 km Est-Ouest), et atteint son point le plus haut au Nord-Ouest, avec la chaîne de montagnes de l’Atakora (658 mètres de haut pour le mont Sagdarao).


Les Aguégués

      La zone côtière déroule de grandes plages de sable fin et constitue une longue barre de sable, qui fait obstacle à l’écoulement de certains cours d’eau (Ahéma, Noukoué) vers la mer. En résulte un grand nombre de lacs et de lagunes à l’intérieur des terres, qui longent la mer sur des dizaines de kilomètres. Les grandes plaines centrales sont couvertes de savane arborée ou de végétation dense.

Une économie rurale, à la croissance soutenue


Une vendeuse de piments

      L’économie du Bénin dépend largement des cultures de subsistance, qui représentent 38% du PIB et occupent 70% de la main d’œuvre. Les principales exportations sont le coton (70% des exportations en valeur), l’huile de palme et le cacao. Le Bénin reste un pays de fortes importations, et a une balance commerciale déficitaire. La valorisation de certaines cultures destinées à l’exportation, comme la banane ou la noix de cajou, ainsi que celle du manioc, est envisagée. Le secteur minier et industriel est peu développé, et très insuffisant eu égard aux très grandes ressources du sous-sol béninois (fer, or, phosphate).

      Le secteur des services se développe à très grande vitesse, avec l’arrivée d’Internet et le développement des moyens de communication. Le port de Cotonou, plaque tournante du commerce dans la région, constitue une source importante d’activité économique.

      Grâce à sa stabilité économique et politique, le Bénin a pu maintenir un taux de croissance de 5% en moyenne à la fin des années 1990, toutefois compensée par la croissance rapide de sa population. Le Bénin est pourtant sensible aux troubles politiques de son voisin nigérian, qui lui assure l’essentiel de son approvisionnement en pétrole. La hausse des prix du pétrole a d’ailleurs affaibli la croissance béninoise en 2000.

Population

      Le Bénin a une population de 6,4 millions d’habitants, avec une densité moyenne de 50 hab./km². Le Sud est nettement plus peuplé, avec une densité de 150 hab./km². Plus de la moitié de la population a moins de 20 ans. Cotonou compte 1 million d’habitants Porto Novo 300 000. L’espérance de vie est de 53 ans.

      Les Fons constituent l’ethnie la plus représentée, avec 40% de la population. Ils forment avec les Yoruba (12%, au Sud et à l’Est du pays), les Bariba (9%), les Betamaribé (8%, près des monts Atakora) et les Peuls (6%, dans le Nord) les principales ethnies du Bénin.

      Le Bénin compte 30% de Chrétiens, 20% de Musulmans. Berceau de la culture vaudoue, le pays reste très marqué par les religions traditionnelles.

Vers un renouveau politique ?

      Le colonel Mathieu Kérékou dirige le pays (avec une interruption de 1991 à 1996) depuis 1972, date de son coup d’Etat dans une période de forte instabilité politique consécutive à l’indépendance de 1960. Il a commencé par instaurer un régime à idéologie marxiste-léniniste, donnant au Dahomey son nom actuel de Bénin, mettant en place une collectivisation des terres, une planification de la production des entreprises nationalisées, et un enseignement fortement marqué par le marxisme. A la fin des années 1980, confronté aux mauvais résultats économiques et sociaux, à la multiplication des tentatives de déstabilisation du régime, et au souhait de la France de le voir abandonner la rhétorique marxiste, Kérékou accepte de rédiger une nouvelle constitution, mais un coup d’Etat l’évince et place Nicaphore Soglo, ancien dissident, à la tête du régime. Kérékou est cantonné à son rôle de chef des armées.

      Les premières élections libres ont lieu en 1991, et aboutissent à l’éviction de Mathieu Kérékou au profit de Nicéphore Soglo. Mais face aux difficultés économiques des années 1990, et au mécontentement de la population contre les mesures d’austérité liées à la dévaluation du franc CFA, Mathieu Kérékou est rappelé au pouvoir en mars 1996. Les deux hommes se sont à nouveau opposés en 2001, mais Soglo s’est retiré avant le terme des élections en dénonçant des fraudes massives. Kérékou est donc en poste pour 5 ans. Néanmoins, les deux hommes auront dépassé la limite d’âge pour se présenter au prochain scrutin de 2006. Une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques est donc sur le rangs pour prendre la relève de ces deux dirigeants historiques.


Les zemidjans

      L’année 2002 a été marquée par une dégradation du climat social, avec de grandes grèves à répétition dans la fonction publique et dans l’enseignement. La mauvaise répartition des fruits de la croissance soutenue est particulièrement dénoncée, ces couches sociales se sentant exclues de l’enrichissement que connaît le pays. Les syndicats ont finalement obtenu en partie gain de cause avec la hausse des salaires de la fonction publique, ce qui a coûté plus de 20 millions d’euros aux finances publiques.