Carnet de voyage (1er - 7 Août 2005)

Bamako, le 7 Août 2005

   Nous commençons à prendre nos petites habitudes à Bamako. Nous avons donc décidé de vous livrer nos réflexions sur les petites choses du quotidien.

Les orages

   Une question nous taraude chaque jour : devons-nous souhaiter qu'il pleuve? La pluie, comme les Kiss cool, a un double effet : d'un côté elle rafraîchît l'atmosphère, mais de l'autre elle détrempe les routes, qui dans le pays sont loin d'être toutes goudronnées. Par exemple celle qui mène à la pension Séguéré! Après la pluie vient donc le temps des glissades sur sol mouillé (demandez à Loubna) et des disparitions de tongs dans les flaques de boue (demandez à Patricia). Mais quel plaisir de voir la température s'abaisser de quelques degrés! Ces averses, qui ne durent jamais plus d'une demi-heure, sont très violentes, on a parfois l'impression que tout le fleuve Niger se déverse sous nos pas.

Les sotramas

   Notre moyen de transport préféré à Bamako? Le sotrama! Il s'agit en fait d'une camionnette verte dans laquelle tiennent 20 personnes. On s'y sent un peu comme des sardines en boîte, mais ce n'est pas cher (125 francs CFA, soit 20 centimes d'euro) et ils sillonnent toute la ville. Le plus dur dans les sotramas, c'est l'attente du départ. Le « portier » tient toujours à faire monter les 20 personnes réglementaires pour rentabiliser la machine, et l'on attend souvent de longues minutes, suant à grosses gouttes, que le fourgon se remplisse. Tous les jours nous avons donc droit à notre quart d'heure de hammam gratuit!

   Tous les sotramas sont personnalisés par leur propriétaire : pare-brise encombré d'autocollants, peluche accrochée au rétroviseur et surtout peintures sur les portes arrières qui proclament : « Ne me collez pas de trop près », « Dieu nous protège », « Qui connaît l'avenir? », « Tais toi jaloux »…

Les courses

   Nous allons presque quotidiennement faire les courses, car il est très difficile de conserver les aliments à la pension, le frigo étant tout petit. Mais ces courses quotidiennes se transforment bien souvent en courses poursuites. Le Mali, sans être dans la disette, n'est pas non plus un pays d'abondance où il est facile de trouver tous les produits qui nous passent par l'esprit. En dehors du riz, des pâtes et de la vache qui rit, les arrivages de produits sont fluctuants. Pour trouver un produit on demande à un vendeur de rue, on rentre dans une des multiples petites boutiques… Ca ressemble plus à une chasse au trésor qu'à un marché où la concurrence est libre et non faussée. Où pourra-t-on trouver des mangues ou des aubergines aujourd'hui? Est-il possible de trouver de la farine de blé? Même au grand marché on ne trouve pas toujours tout.

   La solution la plus simple, mais aussi la plus coûteuse consiste à aller à « la fourmi », un supermarché de produits exportés depuis la France. Le pot de Jockey y est par exemple facturé 4500 francs CFA! (environ 7 euros) Nous n'avons craqué qu'une fois, mais nous sommes bien excusables, c'était pour faire des crêpes!