Carnet de voyage (15 - 21 Août 2005)

Escapades en Pays Dogon

   Cette semaine, l'une d'entre nous, profitant de l'arrivée de la quatrième membre de l'équipe, a pris la direction du pays Dogon…

Petite présentation générale

   Le pays Dogon est la région la plus touristique du pays. Située à 10h de bus de Bamako, elle vaut vraiment le détour.Le peuple dogon a gardé beaucoup de traditions animistes (même si de nombreux villages sont aujourd'hui musulmans, voire plus rarement évangéliques) et possède un artisanat très riche. Les villages ont vraiment un caractère particulier, avec leurs greniers à toits de chaume et leur case à palabres où se tiennent les réunions des anciens.

   Le paysage aussi est grandiose : la plupart des villages visités (Sangha, Yendouma, villages du plateau d'Attô et Sobo, Komoga, Kaouli, Wéré, Youga Piri, Youga Dogourou et Yougana)sont blottis au pied d'une immense falaise. Dans certains villages, des habitations Telem (peuple qui habitait la falaise avant l'arrivée des Dogons) sont nichées dans la paroi rocheuse.De plus, en ces mois d'hivernage, les pluies rendent le paysage très vert : mil, maïs et haricots contrastent avec le rouge du grès de la falaise.

La condition de la femme

      Notre guide dogon résume la situation de la femme en quelques mots : « Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais ici les femmes font tout : elles travaillent aux champs, s'occupent de la maison et des enfants… Nous les hommes, on est un peu fainéant ». Du fait de cette importante charge de travail qu'elles commencent à assurer dès leur plus jeune âge (la fille aidant sa mère), les femmes dogons sont plus souvent analphabètes que les hommes et les filles sont moins souvent scolarisées que les garçons.

      La polygamie et l'excision sont parties intégrantes de la religion animiste : pour les Dogons, l'Humanité est le fruit de l'accouplement du Ciel (le masculin) et de la Terre (le féminin). Lors d'une première union de ces deux éléments, le Ciel avait été gêné par le clitoris de la Terre et celle-ci avait accouché d'un renard, symbole de la ruse. Ce n'est qu'après que la Terre ait été excisée que la naissance de l'Humanité fut possible. L'excision est donc, pour les Dogons, nécessaire au bon déroulement de la vie d'une femme, notamment en ce qui concerne sa fertilité.
      Pendant les quelques heures passées à Mopti, nous constatons que la vie associative y est aussi animée qu'à Bamako : de nombreux panneaux indiquent des associations et nous passons devant la boutique d'artisanat de femmes fistuleuses.
     Nous avons même eu l'occasion de dîner dans le restaurant Yérédémé, tenu par une association de mères célibataires que Courants de Femmes avait eu l'occasion de rencontrer lors de son premier projet.