13 - 22 Août 2006

« Coucher de soleil sur Bamako »

L'arrivée

    Le séjour touche à sa fin. En six semaines, nous avons pu découvrir différents aspects de la société malienneet apprécier la richesse humaine de ce pays.
    Les yeux des bébés qui s'écarquillent à la vue des toubabous, les silhouettes colorées des femmes lavant leur linge dans le Niger, les marchands de meubles à ciel ouvert, les rires omniprésents, de jeunes garçons alignés, assis sur leurs charettes... Nous en reviendrons changés.

Petite fête de quartier

    Quelques grosses enceintessorties au milieu de la rue, un maximum de chaises tout autour, deux ou trois animateurs, beaucoup d'enfants, tout autantde femmes, une bonne dose de musique et la fête bat son plein. Le rythme a envahi tous les corps. Des plus jeunes auxplus âgés tous se déhanchent au son des djembés. Ici musique et danse font tellement partie du quotidien qu'une bonne intégrationdes toubabous ne peut se faire sans un passage sur cette piste de danse improvisée.

Visite chez le marionettiste

    Dimanche après-midi, nous nous sommes rendus chez Yaya Coulibaly, célèbre marionnettiste malien.Depuis six générations, cette famille se consacre à l'art des marionnettes. Dans une ruelle anodine de Magnambougou,la maison de Yaya Coulibaly nous a révélé bien des merveilles. Il nous a présenté quelques-unes de ses innombrables marionnettes, certaines datant du quinzième siècle. Qu'elle soit à fils ou à manches, chacune a son histoire et Yaya nous la raconte. De l'histoire de la première girafe à entrer en Europe à celle du vieil homme sorti du baobab pour consolerla jeune fille excisée "sacrifiée par la tradition", nous avons passé deux heures avec le conteur et ses marionnettes.

    Yaya Coulibaly nous confie qu'il est inquiet quant à la sauvegarde de sa collection. La restauration demandebeaucoup de travail. Il craint que la jeune génération dilapide cette collection unique, cédant aux offres de collectionneurs fortunés. C'est pourquoi il souhaite créer un centre de la marionnette dans le quartier. Celui-ci devrait voir le jour avant la fin de l'année 2006.

A la recherche de la nourriture perdue

    Aujourd'hui, notre aventurier a décidé de manger dehors. Il part à la recherche d'un maquis, petit boui-boui très fréquentéoù il pourra déguster un plat de riz au gras, riz sauce arachide ou encore un fameux kebab malien. S'il n'est pas rassasié, il achètera sur le chemin de délicieux beignets de farine de mil, qui le caleront jusqu'au soir. Il se joindra alors à quelques Maliens pour manger en famille, tous assis autour d'un plat de Tô.

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Échanges de points de vue

    Plusieurs associations rencontrées agissent en faveur de la lutte contre le Sida. Ce sujet préoccupe aussila population malienne, comme nous avons pu le constater lors de discussions informelles. Nous avons donc souhaité rendre compteici de quelques idées échangées.
    D'aucuns pensent que ce sont les Européens qui ont inventéle Sida, d'autres croient que les Chinois ont introduit le virus en Afrique par l'intermédiaire de rapportssexuels entre leurs chiens et des prostituées. Toutefois, certains milieux sont mieux informés, notamment grâce au travail des associations. Nous avons rencontré par exemple un groupe sensibilisé par l'association Soutoura. Les prostituées et les clients connaissaient assez bien les risques liés aux rapports non protégés.
    Le problème vient essentiellement d'un manque de moyens : l'accès aux préservatifs est limité, les campagnes de prévention et sensibilisation coûtent cher, l'accès aux soins est très réduit...
    Au cours de toutes ces discussions, ce qui nous a le plus marqué reste l'inquiétude de nos interlocuteurs.