Le Mali en bref

Le pays de la boucle du Niger

      Le Mali est traversé de part en part par le fleuve Niger, qui prend sa source en Guinée et va se jeter au Nigeria. C’est au Mali que le Niger passe le plus au Nord, dans la région de Tombouctou qui se trouve ainsi dans la position d’interface entre la zone sub-sahélienne et le Sahara (et donc l’Afrique du Nord). Le fleuve, ainsi que ses affluents comme le Bani (plus au Sud, qui se jette dans le Niger à la hauteur de Mopti), constitue ainsi l’épine dorsale du pays, du point de vue des échanges commerciaux, culturels, des transports de personnes ou encore de l’agriculture irriguée.

      La partie peuplée du Mali se trouve essentiellement en zone sahélienne, au sud du fleuve Niger. Mais la zone désertique qui commence au-delà du fleuve s’étend très au Nord dans le Sahara, et le pays comporte également une zone humide, très pluvieuse, à la végétation luxuriante (région de Sikasso, dans la partie Ouest de la zone frontalière avec la Côte d’Ivoire).

Une économie fortement rurale

      Le secteur primaire représente 40% du PIB et emploie 80% de la population active. Les cultures principales sont le mil, le sorgho et le riz, dont la production a été augmenté spectaculairement récemment jusqu’à rendre le Mali non seulement auto-suffisant mais excédentaire. Ce sont les cultures d’exportation qui assurent l’essentiel des revenus de l’agriculture : le coton et l’arachide. La grande faiblesse du secteur agricole est sa très forte dépendance aux conditions climatiques (pluviométrie) et au cours des produits agricoles. L’élevage représente 13% du PIB. Il se fait surtout dans les zones sahéliennes. Enfin, les grands fleuves permettent une activité de pêche intense, dont 70% de la production sera séchée et 20% exportée.
      Le secteur secondaire, peu développé, est surtout agroalimentaire et textile.
      Le secteur tertiaire représente 43% du PIB, et se développe rapidement autour de trois axes : l’assurance, les banques et le tourisme. Le secteur des télécommunications se développe également de façon très rapide.

      Le Mali profite enfin des transferts financiers (près de 75 millions d’euros par an) que lui envoient ses 100 000 émigrés (surtout en France), quasiment tous issus de la région la plus chaude et enclavée du Mali, la région de Kayes.

Un carrefour de peuples

      Le Mali compte 11.6 millions d’habitants. L’espérance de vie y est de 50.9 ans.

Djenné

      Carrefour de peuples et de civilisations, il compte plus de 80 ethnies. Les principales sont les Bambaras (30% de la population) établis dans la région de Bamako, les Sarakolé (500 000 personnes) dans la région de Kayes, les Malinkés à l’Ouest, les Touaregs dans la zone désertique du Nord, les Peuls éleveurs de la zone sahélienne, les Bozos pêcheurs le long du fleuve et les Dogons.

Un régime stable et démocratique

      Le Mali est régulièrement cité en exemple de régime démocratique africain. En 1991, après avoir pris le pouvoir par la force en renversant le régime dictatorial de Moussa Traoré, Amadou Toumani Touré lance la démocratisation du pays qui se concrétise, en juin 1992, par l’élection d’Alpha Oumar Konaré à la tête du pays. Ce dernier poursuit l’œuvre de démocratisation en assurant la pluralité des partis et la liberté d’expression. Le processus de désarmement de la guérilla touareg s’achève pour l’essentiel en 1996 et le Nord du pays est pacifié. "Alpha" est reconduit en 1997. Les réformes et la libéralisation du pays s’accélèrent et les performances économiques sont saluées par les bailleurs de fond, satisfaits notamment des campagnes de lutte contre la corruption.

      Malgré les pressions de son entourage, "Alpha" ne modifie pas la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat, et l’ex-général Amadou Toumani Touré (ATT)est élu à la présidence. Malgré le faible taux de participation et les quelques irrégularités qui ont entaché les législatives, ces élections restent un exemple de démocratie. ATT prend pour Premier Ministre le Touareg Ahmed Mohamed ag Hamani, symbolisant ainsi la réconciliation nationale après la douloureuse période de guérilla (le dernier chef rebelle rend les armes en septembre 2001). Les tâches sont nombreuses : développement économique, lutte contre la corruption à tous les niveaux (« un escalier se balaye toujours en commençant par le haut » dit ATT) et réforme du système éducatif sont les priorités.

Internet au Mali

      Analphabétisme hommes : 49.6%
      Analphabétisme femmes : 63.9%
      Accès à Internet : 2.57 pour 1000 h

      Internet pénètre rapidement au Mali, à l’image du télécentre communautaire de Tombouctou et de ses expériences de télédiagnostic. Face au défi numérique, le gouvernement a lancé un appel d’offre à échelle internationale afin de raccorder, via des relais satellites, les 703 communes du Mali à Internet. Le potentiel de développement est gigantesque, pour ce pays quasiment dépourvu de livres ou de bibliothèques.